sept 02

Connaissez-vous BATS et Direct Edge ? Si oui, c’est soit que vous vous intéressez de très près à la finance, soit que vous profitez des avantages de ces systèmes de passages d’ordres électroniques.

Quoi qu’il en soit, je disais récemment que le monde de la finance n’avait rien appris de cette crise, sauf qu’il peut continuer à faire ce qu’il a toujours fait : créer des bulles, manipuler les marchés, créer des instruments financiers de plus en plus complexes, voire incompréhensibles, le tout dans un seul but : gagner de l’argent, beaucoup d’argent, de plus en plus vite.

Si on en croit l’article du Monde du jour sur le geek et Wall Street, les deux sociétés citées dans ma questions d’ouverture traite plus de transactions que le Nasdaq aux États-Unis. Et ce alors que peu de personnes en connaissent l’existence. Mais ce qui est intéressant n’est pas qu’elles existent, mais qu’elles mettent à disposition des outils informatiques permettant de faire des allers-retours sur des actions en quelques fractions de secondes, plus vite que des traders humains, et permettant de tirer des profits immédiats de la relative lenteur de ces traders.

Imaginons qu’une action cote 20 euros. Un vendeur en met sur le marché un million à 20,5 euros. Un acheteur cherchent à en acheter un million à 20,4, avec un prix de réserve à 20,6. Une plateforme électronique peut s’apercevoir de l’écart entre l’offre et la demande, proposer d’acheter le million à 20,5, puis à proposer dans la milliseconde qui suit à 20,55. L’acheteur aurait pu se décider à 20,5 quand l’offre apparait sur son écran, mais le logiciel lui rafle les actions. Cependant notre acheteur voyant un vendeur à 20,55 peut décider d’acheter, car le prix est sous son prix de réserve. Voilà donc comment gagner 50,000 Euros en quelques secondes ! Simpliste ? Et pourtant avec des volumes des 1 à 2 milliards d’action par jour, ce sont des manipulations classiques à la portée de logiciels pointues exécutées sur des ordinateurs puissants.

Avec des outils puissants et des plates-formes alternatives comme celles citées, les spéculateurs vont pouvoir s’en donner à cœur joie et la bourse se trouvera de plus en plus éloignée de ses principes fondateurs de financement de l’industrie. Nous risquons alors de nous retrouver rapidement, en tout cas beaucoup plus rapidement que nous le pensons tous, face à une autre crise de plus grande ampleur qui trouvera sa source une fois de plus dans l’économie financière, sans aucun rapport avec l’économie dite réelle.

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avr 07

J’ai écouté ce matin en podcast dans ma voiture Christine Lagarde au Grand Jury de RTL. En dehors de ses coups de griffes à Ségolène, que j’ai trouvés, soit dit en passant, très justifié mais peu politiquement correct, madame Lagarde m’a fait une impression mitigée. Elle est tout d’abord une grande professionnelle, et on sent ses années passées à la tête de Backer & McKenzie. La connaissance de ces dossiers, la maitrise des situations entrepreneuriales, l’aisance à l’orale (et pourtant elle a été malmenée par Jean-Michel Apathie) tout est parfait. Peut-être trop, et c’est, à mon avis, ce qui fait son plus gros défaut.

En effet, elle fait l’effet d’une machine. Elle peut écorcher Ségolène et c’est normal, elle ne peut pas la comprendre. Dans toutes ces démonstrations sur le traitement des dossiers des faillites ou des restructurations industrielles (Heuliez, Ford, etc.), elle se place toujours dans la logique de l’entreprise et du projet industriel, jamais dans celle de la sauvegarde des emplois et donc du volet social et sociétal de la sauvegarde de l’entreprise. Cela la rend froide, inhumaine.

Certes, un ministre des finances n’a pas à se préoccuper des questions d’emplois, il y a un autre ministre pour cela. Mais parfois, montrer un peu de considération pour les hommes qui produisent et pas uniquement pour ceux qui les dirigent pourrait la rendre plus sympathique. Ceci n’enlève rien à son professionnalisme, mais vingt ans passés aux USA laissent des traces parfois un peu trop indélébile.

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mar 27

En ces temps de parachutes en platine, de bonus en millions d’Euros alors que les entreprises sont en déficit, l’honnêteté semble être une vertu en perte de vitesse. Que je sois clair dès le début. Je pense qu’un créateur d’une entreprise mérite la fortune qu’il peut faire en rémunération de sa prise de risque. Il y a malheureusement plus de bouillons de que de succès.

En revanche, qu’un dirigeant salarié, aussi doué soit-il, soit rémunéré par des bonus en millions d’euros, sans que ceux-ci soient indexés sur des résultats financiers, économiques, industriels et sociaux, me semble totalement incongru. A la rigueur qu’on lui alloue des stock-options, mais dans les limites de l’acceptable. D’autant que je commence à penser, comme beaucoup d’économistes, qu’un dirigeant ne devrait pas posséder d’actions de son entreprise, afin d’éviter le travers pervers qu’il travaille plus pour le court de bourse que pour créer de la valeur.

S’il était aussi doué, qu’il crée une entreprise, qu’il mette sa tête sur le billot, qu’il investisse son argent. Mais malheureusement, et je le dis crument, la plupart des dirigeants des grandes entreprises ne sont pas plus doués que le commun des mortels, il est simplement bien entouré.

Mais revenons à nos moutons. On m’a toujours répété que seule l’honnêteté paye. J’en suis persuadé. Être honnête avec un client, s’est lui dire la vérité. Être honnête avec son conjoint, c’est lui dire la vérité. Être honnête avec son patron, c’est lui dire la vérité. Dans tous ces cas, c’est souvent le choix le plus difficile, mais ô combien libérateur.

Être honnête en ces temps de grande malhonnêteté, c’est conserver son honneur et sa tête droite. Être honnête, par ces temps difficiles, c’est reconnaître les gens de vertus et s’y associer. Enfin, être honnête, dans une entreprise, c’est poser des questions qui parfois sont irrévérencieuses, mais font progresser l’entreprise dans tous ses dimensions. Enfin, le comble de l’honnêteté, c’est quitter son entreprise quand elle transgresse nos valeurs.

Ce n’est qu`à ce prix que nous sauverons ce qu’il doit l’être et que nous pourrons construire une société plus juste. Utopique ? Oui, sans doute à l’échelle d’une nation, mais d’une famille, d’un communauté, je ne le pense pas. Pour ça, nous verrons dans un prochain billet comment poser avec doigté les questions qui fâchent afin de faire évoluer les relations vers la transparence et une plus grande honnêteté.

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mar 24

Si vous avez des enfants vous avez sans doute remarqué une caractéristique majeure chez ces chères petites têtes blondes :

  • quand ils sont petits (moins de 6 ans), leur capacité à jouer pendant des heures avec le même jouet (d’ailleurs généralement un jouet insignifiant) et a essayer des centaines de fois une chose particulière, qu’il s’agisse d’accrocher un wagon à une locomotive où à faire le même dessin ad nauseam ;
  • quand ils sont adolescents, leur capacité à tenir tête pendant des jours, jusqu’à avoir gain de cause.

Cela s’appelle l’obstination. Il semble qu’avec l’âge, chez la plupart des gens, l’obstination disparaisse ou se transforme en bêtise. Car que l’on ne s’y méprenne pas, dans le cas de nos enfants, l’obstination est un moyen d’obtenir à coup sûr ce qu’ils veulent, sans prendre en compte le facteur temps. Dans notre monde moderne, le facteur temps joue un rôle important. La préférence allant au tout de suite, ou au plus vite possible : le fameux ASAP, As Soon As Possible !

L’inconvénient énorme avec ASAP est que si le résultat n’est pas obtenu « dès que possible », on jette l’éponge et on passe à autre chose. On voit alors de nombreuses personnes passer d’échec en échec. Car, là encore, il n’est pas de réussite sans échec. Que celui qui a appris à faire du vélo sans au préalable tomber plusieurs fois, parfois des dizaines, lève le doigt. Ce n’est qu’à force d’essai que l’on fini par « apprendre » à faire du vélo !

Evidemment, chaque échec doit faire l’objet d’une analyse et d’un apprentissage, mais il ne doit pas arrêter les efforts. Comment nous éclairerions-nous si Edison avait jeté l’éponge après son millième essai pour créer la lampe à incandescence ? Il en testera plus de 6000 ! L’obstination est un vice et une vertu. Un vice car une obstination aveugle entraine à la folie. Une vertu car à force d’obstination éclairée, on finit toujours par triompher.

Alors qu’elle rapport avec la crise, vous demandez-vous ? Et bien tout ! Toutes les crises ont une fin. Celle-ci n’échappera pas à la règle. En attendant, elle fournit un excellent laboratoire d’obstination. Si quelque chose vous tient à cœur, obstinez-vous ! Je reviens dans un prochain billet sur comme cultiver l’obstination et sur comment faire en sorte que votre obstination soit toujours une vertu.

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fév 06

S’il est une seule vérité c’est que la crise actuelle n’a jamais eu d’équivalent. Et de ce fait, comme tout autre événement inconnu qui nous tombe dessus, il n’y a qu’une réponse possible: faire face et agir ! Comme je me plais souvent à dire, il n’y a que ceux qui ne font rien à qui il n’arrive rien. De plus, ce sont souvent ceux qui ne font rien qui donne les conseils sur ce qu’il faudrait faire… mais ne font pas. Enfin, en agissant, on fait des erreurs. Le plus important est alors de les corriger le plus rapidement possible pour éviter des conséquences trop importantes.

Dans ce sens, Nicolas Sarkozy est bien dans son rôle. Il avance à vue, tout en essayant de se projeter le plus en avant possible. A la différence du capitaine du Titanic qui croyait que rien ne pouvait arriver au navire, le Président sait qu’il est sur un fil, au-dessus des chutes du Niagara. Mais il ne se laisse pas perturber par la hauteur du fil ou le danger de la chute. Il avance un pas après l’autre.

La France n’est pas dans une situation catastrophique et il a raison de le rappeler, même si une attention extrême est nécessaire. Avec une dette autour de 64% du Produit Intérieur Brut, la France ne fait pas partie des plus mauvais élèves des pays industrialisés, surtout compte tenu de son système de protection sociale (tous les chômeurs sont indemnisés en France) et de santé (l’hôpital est gratuit pour tous).

Le Président n’a pas beaucoup de possibilités sans creuser la dette de manière abyssale. Alors, il reste volontariste mais précautionneux.

Résultat, pour moi et de mon point de vue : aide-toi et le ciel t’aidera (peut-être) ! Inutile de descendre dans la rue pour encore manifester. Inutile de demander de l’argent à un gouvernement qui n’en a pas. Inutile de se plaindre et de pleurer. Il faut se remonter les manches, partir à la conquête de nouveaux marchés, retrouver ce volontarisme qui a fait de la France une grande nation et qui manque cruellement aujourd’hui à la base.

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jan 22

Petit détour du ton standard de ce blog pour rapidement reprendre la nouvelle du jour : ce sont 5000 suppressions d’emplois qui viennent d’être annoncées par Steve Ballmer, soit un peu plus de 5%, dont 1400 avec effet immédiat… et ce dans toutes les fonctions de l’entreprise (R&D, vente, marketing, finance, RH, etc.)… La croissance de l’entreprise atterrit: seulement 2% au second trimestre, du coup, on réduit la voilure. On coupe dans les postes d’interim, les frais de déplacement, les augmentations de salaire, … pour faire face à l’incertitude économique dit Steve…

Quand Microsoft s’enrhume, c’est toute l’industrie qui tousse ? A suivre…

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jan 22

Une mise en perspective rapide sur la crise actuelle (vu au travers des yeux de l’occidental que je suis et que vous êtes certainement si vous lisez ce blog) ….

Si vous êtes nés après 1950, vous n’avez réellement vécu aucune crise majeure. Certes vous avez pu voir et vivre la Guerre d’Algérie ou celle d’Indochine, vous vous souvenez peut-être du choc pétrolier, des dévaluations des années 80, de la chute de l’immobilier fin 80, début 90, mais rien d’aussi “sérieux” que maintenant.

Si vous êtes nés avant 1950, vous avez connu une guerre, avez même peut-être combattu et en êtes revenus. Vous connaissez la rudeur de la guerre, la crise dans son état ultime.

Résultat très simpliste, mais réfléchissez bien. Si vous êtes de la génération qui travaille (20-60 ans), vous n’avez jamais connu de crise très sérieuse avant celle-ci. Vos parents ont peut-être connu une crise avec une des guerres. Vos grands-parents sont passés par une ou deux guerres mondiales. Quant aux générations précédentes, elles passaient d’une guerre à l’autre, tous les 10 à 15 ans.

Donc la prochaine fois où vous vous dites que le monde marche sur la tête avec cette crise, estimez-vous heureux! Notre génération est la toute première qui n’a jamais connu de guerre et n’a donc pas eu besoin d’être “réquisitionnée” pour aller défendre son pays, au risque de mourir pour la patrie. Entre cette crise et celles qu’on connus les générations précédentes, mon parti est pris. Celle-ci n’est qu’une tempête dans un verre d’eau.

Tout est relatif, disait Albert Einstein.

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jan 06

Blog migré, les articles sont tous là, le thème est en place, le code en train d’être ajouté, merci à Jean pour son aide. Ça m’a ramené quelques années en arrière (pour la partie code) et ça me montre que je ne suis pas trop rouillé (même si je pose parfois des questions bêtes). Je vais pouvoir me remettre à poster des billets intéressants, d’autant que l’actualité de la crise est impressionante en ce moment… à très, très bientôt !

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jan 02

Merci à tous ceux qui passent par ce blog (et y reviennent). 2009 a commencé et tous les Cassandre de reprendre en coeur que 2009 va être horrible. Elle ne sera horrible que si vous le décidez, pas si les médias vous le ressassent au nauseam. Il y aura plus de raisons de se réjouir cette année que de raisons de pleurer. Le président Sarkozy prédit un année difficile et il est dans son rôle de préparer l’opinion à des décisions difficiles et impopulaires. Mais c’est son ses voeux prononcés le 31 décembre 2008, c’est du passé et considérons-le comme tel.

Alors que s’est il passé de réjouissant depuis le 1er janvier 2009 à 0h00?

et le meilleur est sans doute à venir. C’est pourquoi je vous souhaite une excellente année 2009. Quelle vous apporte joie, prospérité et une pleine santé !

Nous allons nous retrouver tous les jours ou presque pour approfondir et mettre en pratique votre plan de développement et faire fi de cette crise dont tout le monde parle, et qui reste une fantastique opportunité de changement.

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déc 30

Je viens de tomber sur l’article le plus sombre de tous ces derniers jours: No Growth in China and Other Outrageous Prophecies. Pour ceux qui ne parlent pas l’anglais, voici les 10 prophéties pour 2009 :

  1. La révolution en Iran
  2. Le brut à 25$ (ce qui entraîne le 1.)
  3. Le S&P 500 à 500 points (il est à fin décembre à 880 et a perdu 40% de sa valeur en un an)
  4. L’Italie abandonne l’Euro
  5. Le Dollar Australien s’écroule face au Yen
  6. Le Dollar US revient à la parité de l’Euro, puis redégringole
  7. La croissance chinoise à 0%
  8. Les monnaies de l’Europe de l’Est s’écroulent
  9. Le prix des commodités s’écroule
  10. Le Yen devient la monnaie de référence

Que du bonheur ! Quelle belle année 2009 ! A vite oublier !

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