Auteur/autrice : marc

  • Le chômage, l’assistanat et les erreurs de l’esprit français…

    Comme pour l’affaire DSK, ce billet ne se veut pas politique, mais une réflexion personnelle sur la façon avec laquelle la France traite du problème du chômage et sur les erreurs de réflexion. C’est un quelque sorte une réaction á l’Article du Post qui état lui-même une réponse à Laurent Wauquiez.

    Tout ceci part du principe que le chômage est une forme d’assistanat et que tout chômeur est donc soit un assisté qui s’ignore, soit un assisté en devenir. Je suis fondamentalement contre ce postulat et je vais tenter d’expliquer pourquoi.

    L’allocation chômage est un bienfait pour tout salarié victime d’un licenciement. Cela doit lui permettre de passer le cap entre deux emplois sans perdre trop de pouvoir d’achat et surtout pour faire face à ses obligations sociales et personnelles. Comme dans tous les groupes humains, parmi les chômeurs il y a des gentils et des méchants (comme dans le monde de Candy), des gens qui bougent et des gens qui attendent, des fainéants et des travailleurs. De là à faire un amalgame, c’est un jeu dangereux et réducteur, et je doute en fait que Mr Wauquiez, politicien habile, aie voulu y jouer. Mais comme d’habitude, les mots dépassent la pensée, la presse s’en saisit et la polémique est lancée.

    En revanche, et c’est là tout le problème, cela met en avant des maux profonds de la société Française dans son ensemble:

    1. L’assistanat: le citoyen (pas que les Français) est éduqué depuis sa petite enfance pour être assisté (je sais, je suis polémique ici, mais j’y reviens un peu plus bas).
    2. La réussite: le citoyen Français voit la réussite comme synonyme de tricheries, mensonges et combines.
    3. La responsabilité: le système dans son ensemble a été conçu pour faire des citoyens irresponsables et non des humains prenant leurs responsabilités, et pourtant…

    Élaborons sur les trois points ci-dessus.

    L’assistanat

    Tout le système éducatif est répressif vis-à-vis du risque et de l’erreur. On ne conteste pas le système, on en remet pas en question le dogme, quand on fait une erreur on a une mauvaise note… je pourrais en rajouter. En bref l’école apprend à obéir et en ce sens prépare les futurs enfants à être employés. On parle d’ailleurs de Jardin d’enfants… un endroit où on fait pousser les enfants comme des légumes !

    Vous allez me dire, oui, mais HEC et les grandes écoles forment des patrons ou des futurs patrons, pas des assistés. Oui, des dirigeants de grandes entreprises, mais ne forme pas (ou peu) d’entrepreneurs. En ce sens, on apprend au gens à toujours avoir un maitre, pas à être son propre maitre.

    Je suis le maitre de mon destin, le capitaine de mon âme.

    William Henley, Invictus (Invincible)

    Et donc, tout le système éducatif est fait pour créer des assistés pas des gens maitres de leur destin. Il suffit de voir les sondages dans lesquels un nombre croissant de gens veulent être fonctionnaires pour la sécurité de l’emploi et partir en retraite avant les autres. Le fait est que la sécurité de l’emploi n’est plus une garantie de la fonction publique et qu’avec les dettes croissantes des états, ces derniers vont continuer à dégraisser… Mais c’est un autre débat.

    À l’école, on n’apprend pas l’erreur, la gestion du risque, le goût de l’effort et la bonne gestion financière, on apprend la dépendance, donc l’assistanat. Et qu’il est difficile de combattre des années de lavage de cerveaux !

    La réussite

    Un Français qui réussit est forcément corrompu (ou corrupteur), combinard et malhonnête. Comme pour les chômeurs, il y a des méchants et des gentils, des honnêtes et des malhonnêtes. Et comme pour les chômeurs, les malhonnêtes polluent le paysage.

    Il a des milliers de chefs d’entreprise et d’entrepreneurs honnêtes qui prennent des risques, créent des emplois et de la richesse. Il y en a aussi qui détruisent des emplois car le coût du travail non qualifié est devenu trop élevé en France.

    La réussite devrait être enseignée en fait. Il y a aussi des millions de personnes qui “réussissent” sans que cette réussite soit financière. Ceci étant dit, je pense que la plupart des Français ont une vision positive de la réussite, mais qu’une fois de plus, les sondages et les médias manipulent intelligemment les conscience (voir l’affaire DSK).

    Alors, oui, l’objectif de tout citoyen devrait être de réussir, de faire croitre son pays, sa région, sa ville, sa communauté, de créer du bonheur autour de lui, sans diaboliser autrui. Derrière une majorité de réussite, il y a des risques, de la sueur, des longues heures de travail et surtout une grande fierté.

    La responsabilité

    Si j’ai perdu mon emploi c’est la faute:

    1. de la crise
    2. de ces salauds de patron
    3. du gouvernement
    4. des trois ci-dessus

    C’est rigolo, mais j’aurais, toujours, tendance à penser que le principal fautif dans ce cas est l’intéressé. Là encore, je suis polémique, car il est des situations où ce sont des évènements extérieurs qui font fermer une entreprise. Mais quand on y regarde de près, on voit souvent des signes avant-coureurs et une possibilité de prendre des décisions en toute responsabilité. La bonne réponse à la perte d’emploi est l’assistanat entretenu par l’éducation nationale dont je parlais avant.

    Certes on ne peut pas créer que des entrepreneurs, mais on peut responsabiliser tout le monde et surtout aider les gens à se prendre en main. Aujourd’hui, les gouvernements n’ont plus les moyens de supporter leurs citoyens. On le voit dans les PIGS (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne – Spain en anglais), on le voit dans des pays qui vont mieux comme la Grande Bretagne et l’Allemagne, et on va le voir en Italie, en France et aux USA, puis en Chine…

    Pour reprendre cette phrase célèbre de Kennedy: Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Sans aller jusqu’au pays, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre famille, votre communauté, votre quartier, votre ville/village, ou votre région.

    Mais surtout, avant toute chose, décidez de:

    1. devenir responsable à 100% de votre futur
    2. valoriser la réussite et la rechercher dans tout ce que vous faites
    3. fuir l’assistanat, mais rechercher la collaboration

    Je reviendrais dans un futur proche sur tous ces points, non seulement avec mes avis, mais surtout avec des actions simples à mettre en œuvre pour reprendre en main sa vie et son futur.

  • L’affaire Porsche-DSK

    J’évite de parler politique sur ce blog et je ne vais pas en parler, même si cette affaire concerne une personne politique. Elle est cependant très symptomatique de l’esprit français et de la position des Français (et surtout de la presse) face à la réussite, au leadership et aux élites.

    Patron du Fonds Monétaire International, après avoir été député, maire et ministre, et marié avec une star de la télé, à 62 ans il n’y a rien d’anormal qu’il ait une petite fortune sous la main (son appartement Place des Vosges et son Riad à Marrakech donnent quelques indications) et fréquente des gens riches et puissants comme ont dit. Il n’y a donc rien de choquant soit qu’il soit propriétaire, soit qu’il ait accès à une Porsche Panamera.

    De plus, une Panamera coûte dans les 90k Euros, là où une C6 haut de gamme en coûte 60k (sans l’option blindage), pas une grosse différence non si on a l’argent et qu’on a envie de se faire plaisir ? Si elle avait été achetée avec des deniers publiques, il y aurait à poser des questions, mais cela ne semble pas le cas. Et puis Porsche c’est européen, en plus la Panamera existe en diesel et en hybride (et là c’est vert)… Sans rigoler, juge-t-on un futur présidentiable sur la voiture qu’il utilise ou sur sa capacité à diriger un pays ? Voilà bien la confusion dans laquelle la presse veut mettre DSK et c’est ridicule.

    Diriger le FMI est une tâche énorme dont DSK se sort haut la main (à ce qu’il semble), en tout cas qui lui donne une exposition énorme. Que sa sensibilité le fasse avoir des idées de gauche pour faire une politique sociale n’a rien de choquant. Faut-il être pauvre ou vivre chichement pour être socialiste ? Que celui qui le pense suive un politicien, et à fortiori, un élu, un ministre ou un président pendant quelques jours. Je lui souhaite beaucoup de courage. Ce sont des gens qui donnent leur temps à leur partie et à leur pays. Il est donc normal qu’ils vivent dans un certain luxe (voire un luxe certain). Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre !

    Alors que DSK apprécie la Porsche, même si la Panamera n’est pas ma préférée et de loin ! Et pour 2012, que le meilleur gagne (et que le DSK sorte vainqueur de la primaire PS) !

  • Pendant ce temps, en Côte d’Ivoire

    Merci à Bernard de tourner le projecteur vers la Côte d’Ivoire. Le cacao ivoirien n’a peut-être pas la même valeur que le baril de brut libyen, mais le drame qui a lieu dans cette partie de l’Afrique est tout bonnement atroce et oublié. Alors, abonnez-vous à Pendant ce temps, en Côte d’Ivoire et influencez pour qu’une bonne fois pour toute l’ONU prenne une décision aussi rapide que pour la Lybie et mette fin à la guerre civile.

  • De la Côte d’Ivoire au Japon, en passant par le Portugal et la Lybie

    Et encore, on ne passe pas par le Sud Soudan, le Yémen ou Bahreïn, mais pourtant, le point commun à tous ces pays, c’est leur crise, humanitaire, nucléaire, militaire, etc. En bref, pas un mois sans une nouvelle crise. Et le pire serait à venir prédisent les Cassandre !

    Et bien, tout dépend du point de vue que l’on prend ! La crise dans les pays Arabes nous concernent tous, puisqu’elle a une incidence sur le prix du pétrole et donc sur directement, par exemple, nos déplacements et indirectement, par exemple, les prix des produits manufacturés. Celle du Japon va peut-être remettre en question les politiques énergétiques des pays nucléarisés (quoi que, je ne suis pas expert, mais ni Three Mile Island, ni Tchernobyl n’ont eu un quelconque effet sur les politiques nucléaires des pays, alors pour ce que est de Fukushima, on va certainement incriminer Tepco, l’opérateur, et donc dédouaner le nucléaire). Celle de la Côte d’Ivoire va avoir un effet à moyen terme dévastateur pour le développement de la sous-région d’Afrique de l’Ouest. Et on pourrait aller de l’avant pays par pays sur les futures conséquences de ces crise.

    Mais le principal impact est à mon sens tout autre: le monde est rentré dans une ère de crises systémiques. La norme n’est plus la stabilité, mais la crise permanente, à l’instabilité permanente, jusqu’à l’émergence (pas tout de suite) d’une nouvelle forme de stabilité. Tout comme on parlait de raccourcissements des cycles des crises financières, on assiste à celui de toute les formes de crise. Et la raison en est l’émergence de la transparence et de la circulation libre de l’information. Avec les médias sociaux, l’information est disponible quasi instantanément. Avec Internet, les individus sont “informés” (ou désinformés) en quelques instants et peuvent comparer leurs sorts avec d’autres. Internet a rendu possible la véritable démocratie.

    Cependant, mon propos est tout autre. Allant de crise en crise, avec la crise devenant la norme, la crise devient un non évènement. La future crise possible est alors intégrée dans le fonctionnement actuel. La situation à court terme du Portugal va nous éclairer. Il est probable que le pays fasse appel à l’Europe, comme l’ont fait avant lui la Grèce et l’Irlande. Je doute cependant que le bruit engendré sera aussi fort. La Côte d’Ivoire qui faisait couler de l’encre en Janvier est passé au second plan du Japon. Même le tremblement de terre en Nouvelle Zélande à Christchurch ou les inondations en Australie ont disparu des inconscients collectifs et pourtant ces évènements vont couter des milliards.

    Alors que faire ? Continuer à avancer à notre rythme ! Apporter notre contribution aux débats et aux efforts de nos pays ! Apporter assistance à ceux qui en ont besoin autour de nous ! Et surtout débrancher la télé et se détourner de tous les médias qui vont nous abreuver d’images et de nouvelles permanentes sur telle ou telle situation ailleurs. Nous avons tous quelque chose à faire sur cette planète, alors faisons-le du mieux possible et ne nous laissons pas distraire par ces évènements, qui au final, ne nous concernent pas. Un peu rude ?

    Posez-vous la question suivante: quel bien faisons-nous à la société quand nous regardons LCI diffuser en boucle des nouvelles en temps réel de tel ou tel évènement, ou en écoutant 6 ou 7 fois par heure France Info diffuser le même flash d’information ? Pour ma part la réponse est simple : aucun. On ne contribue au bien-être général que quand nous faisons ce que nous avons à faire du mieux possible.

    Je continuerai dans de prochains billets à définir les attitudes constructives à aborder pour passer les crises avec succès ! À bientôt.

  • Le courant est revenu…

    Chapeau à la CEB (l’EDF local) pour être intervenu à presque 21h30 pour changer un connecteur bouffé par le sel… Et oui, habiter au bord de la mer n’a pas que des avantages. Le sel bouffe tout, y compris l’aluminium ! En tout état de cause, c’est cool car avec l’électricité la vie est quand même plus éclairée. On y repensera quand on voudra jeter l’uranium et le plutonium on fond de la fosse en plomb (une pensée cependant pour tout ces techniciens et ingénieurs irradiés qui tentent de sauver ce qui peut l’être à Fukushima). Allez, à bientôt !