Auteur/autrice : marc

  • ChatGPT n’est pas une thèse de doctorat

    ChatGPT n’est pas une thèse de doctorat

    Il existe une confusion dangereuse entre utiliser un outil et comprendre son fonctionnement. Vous conduisez une voiture ? Magnifique. Cela fait-il de vous un ingénieur en mécanique automobile ? Évidemment non.

    Pourtant, cette logique absurde domine le marché du conseil IA. Des consultants utilisent ChatGPT quotidiennement — certains avec talent, d’ailleurs — et en concluent qu’ils maîtrisent l’intelligence artificielle. Ils rédigent des prompts sophistiqués, obtiennent des résultats impressionnants, mais ne comprennent rien à l’architecture sous-jacente.

    Douglas Hofstadter, auteur du magistral « Gödel, Escher, Bach », insiste : comprendre un système intelligent exige de saisir ses limitations fondamentales, pas seulement ses capacités apparentes. Utiliser ChatGPT, c’est manipuler une interface. Comprendre ChatGPT, c’est saisir comment 175 milliards de paramètres interagissent via des couches d’attention multi-têtes pour prédire le prochain token.

    La différence ? Environ cinq ans d’études en mathématiques, statistiques et informatique.

    Un utilisateur de ChatGPT ne sait pas pourquoi le modèle « hallucine » certains faits. Un expert peut expliquer que les LLM minimisent une fonction de perte lors de l’entraînement sans véritable compréhension sémantique, générant parfois des réponses statistiquement plausibles mais factuellement fausses.

    Carl Sagan le disait mieux : « Vous ne pouvez pas faire de la science en contournant la méthode scientifique. »

    Je ne dis pas qu’il faut un doctorat pour parler d’IA. Mais prétendre à l’expertise en n’ayant que des compétences utilisateur relève de l’escroquerie intellectuelle.

    Alors, utilisez ChatGPT. Mais admettez ce que vous ne comprenez pas. L’honnêteté intellectuelle commence là.

  • L’expert IA sans les maths : anatomie d’une imposture qui dure

    L’expert IA sans les maths : anatomie d’une imposture qui dure

    Trois ans après le lancement public de ChatGPT, le phénomène persiste : des consultants se présentent comme « experts IA » alors que leur bagage technique se limite à quelques tutoriels N8N, Make ou Zapier, et un abonnement ChatGPT.

    Pas de formation en mathématiques. Pas de compréhension des réseaux de neurones. Juste assez de jargon pour impressionner un comité de direction mal informé.

    Ce qui me révulse ? Pas leur opportunisme — c’est presque respectable dans sa brutalité capitaliste. Non, c’est leur malhonnêteté intellectuelle. Ces individus vendent du conseil stratégique sur une technologie qu’ils ne comprennent pas. Ils facturent quelques milliers d’euros pour automatiser un workflow qu’un stagiaire pourrait faire en deux heures.

    Le MIT est clair : maîtriser l’IA nécessite des fondations solides en algèbre linéaire, calcul différentiel et théorie des probabilités (source MIT). Pas négociable. Pas contournable.

    Ces « experts » ne savent pas ce qu’est une fonction de perte, ne peuvent pas expliquer la rétropropagation, ignorent la différence entre fine-tuning et RAG. Mais ils ont un site web élégant et des témoignages clients.

    Nassim Taleb les qualifierait d’ »intellectuels sans peau dans le jeu » — ceux qui conseillent sans jamais subir les conséquences de leurs erreurs.

    Le client perd de l’argent ? L’expert a déjà encaissé.

    Alors comment distinguer un vrai expert d’un charlatan armé de N8N ? C’est l’objet de cette série. Préparez-vous à développer votre détecteur de bullshit.

  • CRAFT : enfin un framework qui marche (et ne vient pas d’un grand gourou)

    CRAFT : enfin un framework qui marche (et ne vient pas d’un grand gourou)

    Les frameworks pullulent dans l’écosystème IA. La plupart ? Du vent intellectuel.

    CRAFT différent. Pragmatique, testé, efficace.

    • Contexte : Situez votre demande. Secteur, taille d’équipe, enjeux business, contraintes temporelles. L’IA a besoin de balises pour naviguer.
    • Rôle : Définissez l’expertise requise. Un DRH pense process, un CFO pense ROI, un tech pense scalabilité. Chaque rôle active des référentiels différents.
    • Action : Soyez spécifique. « Analyser » est vague. « Identifier 3 leviers d’optimisation avec impact chiffré » est actionnable.
    • Format : Structurez l’output. Bullet points, tableau, executive summary ? Spécifiez pour éviter les pavés indigestes.
    • Ton : Calibrez le style. Formel pour un board, décontracté pour une équipe, technique pour des devs.

    Pourquoi ça marche ? CRAFT structure votre pensée AVANT de prompter. Comme préparer une réunion importante : vous clarifiez vos objectifs, anticipez les questions, organisez vos idées.

    L’IA bénéficie de cette clarté. Elle n’improvise plus, elle exécute un cahier des charges précis.

    L’erreur fréquente ? Sauter des éléments par flemme. Chaque lettre de CRAFT a son utilité. Respectez la méthode, elle vous respectera.

  • L’IA copie mieux qu’elle n’invente : exploitez cette réalité

    L’IA copie mieux qu’elle n’invente : exploitez cette réalité

    Révélation : l’IA excelle à imiter, pas à créer ex nihilo.

    Comme vos collaborateurs, d’ailleurs. Montrez-leur un modèle excellent, ils le reproduisent. Donnez-leur des consignes floues, ils improvisent… mal.

    L’IA fonctionne identiquement. Les meilleurs résultats viennent du « few-shot learning » : donner 1-3 exemples concrets avant votre demande.

    Pourquoi ça marche ?

    L’IA analyse les patterns dans vos exemples : ton, structure, niveau de détail, format. Elle calibre sa réponse sur cette base, comme un bon collaborateur observant vos standards.

    Exemple concret : Au lieu de « Rédige une analyse concurrentielle », donnez : « Voici notre dernière analyse réussie : [EXEMPLE] Maintenant, applique la même méthodologie à notre nouveau concurrent X. »

    L’erreur classique ? Croire que l’IA « comprend » intuitivement votre contexte. Faux. Elle interpole à partir de ses données d’entraînement – souvent génériques.

    Vos exemples la recentrent sur VOTRE réalité, VOS standards, VOTRE style.

    C’est du management 101 appliqué à l’IA : montrer avant de déléguer.

    La prochaine fois, sortez vos meilleurs livrables. Ils sont votre meilleur prompt.

  • Prompting : arrêtez de parler à l’IA comme à un stagiaire mal briefé

    Prompting : arrêtez de parler à l’IA comme à un stagiaire mal briefé

    L’IA vous déçoit ? Le problème, c’est vous.

    Pas par incompétence, mais par flemme. Vous donnez des consignes aussi floues qu’à un stagiaire le vendredi soir : « Fais un truc marketing, tu vois le genre. »

    Résultat ? Du générique insipide.

    L’IA, comme un bon consultant, excelle avec des instructions précises. Trois éléments non négociables :

    • Le Contexte : Situez l’IA dans votre réalité. Taille d’entreprise, secteur, enjeux spécifiques. Sans ça, elle improvise dans le vide.
    • Le Rôle : Dites-lui qui elle incarne. Un DRH, un financier, un marketeur ? Chaque rôle a ses codes, son vocabulaire, ses priorités.
    • L’Objectif : Soyez mesurable. « Améliorer les ventes » vs « Augmenter le taux de conversion de 12% en 3 mois ». Devinez lequel donne de meilleurs résultats.

    The Prompt Report (analyse de 1500+ études académiques) confirme : des ajustements structurés peuvent améliorer la qualité jusqu’à 90%.

    Ce n’est pas de la magie, c’est du management. Vous briefez déjà vos équipes ainsi – pourquoi traiter l’IA différemment ?

    L’ironie ? Nous passons des heures à briefer nos collaborateurs mais 30 secondes à prompter l’IA. Puis nous nous étonnons des résultats médiocres.

    La prochaine fois, prenez 2 minutes pour structurer. L’IA vous remerciera par sa performance


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