Rémunération, socialisme et connerie…

Jour 610. Y’en a ras-le-bol de la connerie de nos politiques qui s’émeuvent de la « rémunération indécente » de Michel Combes, futur ex-patron d’Alcatel-Lucent. Aucun pour s’émouvoir de la rémunération des joueurs de foot de Ligue 1. Entre les millions virtuels en actions, mérités je tiens à le dire, de monsieur Combes, et les millions en euros des joueurs du PSG, je ne comprends pas l’émotion. Monsieur Combes a sauvé Alcatel-Lucent de la faillite qui aurait envoyé au tapis des milliers de salariés. Aucun joueur de foot n’a sauvé quelque emploi que ce soit, n’en a d’ailleurs créé aucun non plus, mais a fait sa fortune sur les millions de « pauvres » qui payent pour regarder des matchs de foot ou acheter de couteux gadgets à l’effigie de leurs idoles. Qui est le plus utile dans l’histoire ? Du pain et des jeux demandaient les Romains, il semble bien que nous soyons revenus en arrière !

Alors de grâce messieurs et mesdames de la politique, faites votre travail et les patrons feront le leur. Régulez l’entreprise de ses excès, mais ne lui donnez pas de leçon. Si le monde de la politique était irréprochable, il pourrait se permettre de faire des recommandations au nom de l’entreprise, mais il prouve au quotidien qu’il en est bien loin. Arrêtez de prendre les gens pour des “qu’on manipule”. Depuis 2012, les entreprises françaises ont perdu des milliers de chefs d’entreprise et de cadres brillants qui ont préféré quitté la France pour aller faire fortune ailleurs. J’en côtoie tous les jours et ils ne rentreront pas de sitôt.

Au fait monsieur Macron, vous avez gagné combien chez Rothschild ? Monsieur Valls, ça coûte combien aux contribuables un vol en Falcon 7X pour aller voir jouer Barcelone à Berlin ? Et vous, monsieur le président normal, elle coûte combien aux Français votre maitresse ? Messieurs les politiques, ayez au moins la décence de faire votre métier sans cracher sur ceux qui ont des résultats. Parce que pour les résultats de la France, même au bout de trois ans, ils se font attendre !

Les patrons aidés seront temporairement privés de stock-options

En écho à mon billet du week-end, le Premier Ministre ne pouvait trouver mieux… Enfin, si, il pouvait rendre illégale les stock-options pour les patrons des sociétés cotées. Plus j’y réfléchis, plus je suis pour une suppression complète des stock-options et des stock-grant (c’est à dire des actions gratuites) pour les patrons des sociétés cotées. On ne peut pas diriger une société et avoir l’œil rivé sur le cours de l’action, surtout quand celui-ci peut vous rapporter des millions…

Je suis actionnaire de mon entreprise, je suis donc intéressé, mais mon impact est limité. Mon niveau d’action est restreint à mon niveau de contrôle de l’activité. Ceci étant, je suis intéressé par les résultats globaux. En revanche, à un niveau international, un vice-président a une influence (relative mais certaine et directe) sur les résultats et donc potentiellement sur le cours de l’action. Et bien je dis non ! Il est trop facile pour un investisseur de faire travailler son réseau pour influencer un dirigeant, d’autant que ceux-ci appartiennent généralement aux mêmes réseaux.

Il convient donc, si on veut moraliser le capitalisme, de découpler social, capital, résultats et environnement. Ainsi, on arrivera à des patrons qui joueront sur les quatre variables d’ajustement et qui n’obéiront plus uniquement qu’aux directives du palais Brongniart ou de Wall Street! Souhaitons que le G20 moralise un peu ses échanges. Je ne me fais cependant pas beaucoup d’illusions. Il faudra sans doute de nombreuses crises pour que le capital soit finalement totalement moral. Au final, comme le prônait Voltaire, il convient de cultiver son jardin!

Du bonus des patrons et des salariés

Pendant un diner entre amis vendredi, nous avions la chance d’avoir autour de la table un banquier ! Cible idéale amicale de la crise et des bonus en millions de certains. La conversation est rapidement arrivée au fait que les bonus étaient souvent dans le contrat de travail et qu’il n’y avait donc rien d’anormal à distribuer des millions d’euros à des salariés méritants.

Alors, oui, sur le principe, on ne peut (doit ?) pas aller contre les clauses d’un contrat de travail. Sous peine de se retrouver au prud’homme. Certes, quand il s’agit de performances individuelles, même en temps de crise, les bonus et autres primes liés à la performance doivent être payés. C’est le cas des commerciaux, des traders et de toute fonction pour lequel la performance individuelle commerciale peut être mesurée. Mais quand il s’agit d’un cadre dirigeant, la seule performance commerciale ne saurait être jugée.

Ce n’est pas le haut de bilan (les recettes) qui compte, mais bien le bas de bilan (le résultat). Et c’est donc sur ce bas de bilan que devrait être indexés les bonus des cadres dirigeants.

Une fois encore, les médias et le président font preuve d’une démagogie rare. Il faut faire œuvre d’éducation pour expliquer le mécanisme de bonus et mettre au pilori les sociétés trop laxistes en la matière. Je reste un fervent partisan de la rémunération à la performance. Encore faut-il mettre des critères de performances qui jugent les actes de la fonction concernée. Et normalement, plus la fonction est haute, plus les critères sont complexes. Ils devraient d’ailleurs être publique. Alors une loi pour encadre les salaires des cadres dirigeants ? Et bien oui, si la morale et l’honnêteté sont à ce prix !