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Madagascar – Jour 2 : L’espoir !

Journée plus calme d’intenses sessions de travail. La situation politique évolue. C’est marrant, en étant sur place, j’ai l’impression d’être au milieu de l’Histoire, même si je n’en fait bien évidemment pas parti. Donc depuis hier soir, que de rebondissements.

Tout d’abord le ministre des finances rassure sur le traitement des fonctionnaires, mais pas sur celui des investissements publics. Résultat, il semble qu’il y ait de quoi payer les fonctionnaires jusqu’à la fin de l’année d’après l’Express de Madagascar.

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En revanche, les finances publics sont en berne en ce qui concernent les investissements (rien que Tiko, la société de Marc R. doit 25 milliards d’ariary, soit environ 10 millions d’Euros, aux douanes). Dieu et les Malgaches savent que des investissements sont nécessaires. C’était d’ailleurs un des points positifs du gouvernement Ravalomanana : les grands chantiers. Pendant des années rien ne se passait à Mada et Marc R. avait remis sur pied de vastes chantiers de modernisation des infrastructures. Donc maintenant, stop ! Au point que l’on m’a raconté que la plus grande cimenterie de l’Ile est arrêtée le temps de vider ses stocks, ce qu’elle a du mal à faire.

La seconde nouvelle du jour, c’est le retour de Marc R. au pays ce week-end qui est annoncé par tous les journaux. Il m’a été confirmé (de source sûre proche du pouvoir) que Marc R. a rencontré il y a quelques heures à Paris Didier Ratsiraka. Les ennemis de l’élection de 2001 se retrouvent pour faire front contre Andry R., le président de la HAT (Haute Autorité de Transition – je ne l’invente pas, chapeau !).  L’opposition se rassemble donc et cela semble apporter un sentiment de réconfort, car enfin une opposition peut s’organiser en vue des prochaines législatives (l’assemblée a été dissoute et les élections sont prévues en septembre prochain). Enfin, pour couronner le tout, Didier Ratsiraka pourrait rentrer à Madagascar aussi (il est en exil en France depuis 2002). L’Amiral, à 72 ans, n’en a donc pas fini avec la politique. Quasi aveugle, il garde, si je puis dire, un oeil sur son pays. A suivre ! Les jours prochains ont des chances d’être étonnants en terme de rebondissements.

En ce qui concerne le business, le sentiment d’apathie est confirmé par mon rendez-vous de travail de cette après-midi. Rien ne bouge et le moral est bas. Les affaires se trouvent au ralenti et l’atmosphère attentiste crée une espèce de léthargie néfaste.

Alors pour terminer ma journée, la grande nouvelle triste du jour : Johnny Hallyday ne viendra pas à Madagascar. La nouvelle peut faire sourire. Après tout, à quoi bon avoir Johnny. Mais dans nos iles, une vedette qui vient de l’étranger, c’est un événement, et une vedette qui se décommande, c’est une grande tristesse. Alors entre Johnny, Marc et Didier ? Espérons que la démocratie triomphe rapidement et que Madagascar reprenne le chemin de la croissance.

La suite, demain !

Madagascar – Jour 1 : Le choc !

j’ai du venir une bonne quinzaine de fois ces 6 dernières années à Madagascar, dont la dernière fois il y a à peu près 3 mois jour pour jour. Et bien la première constatation en sortant de l’aéroport est le calme. Madagascar a une population estimée à 18 millions dont près de 5 millions à Antananarivo, la capitale, où je suis en ce moment. Vous imaginez bien qu’avec quelques routes rentrant dans la capitale et 5 millions d’habitants, ces routes sont des voies de communication importantes autour desquelles se regroupent la population. Jusqu’à maintenant, prendre la route de la digue pour rejoindre le centre ville était un véritable slalom entre les chars à zébu, les taxis brousse, les charettes à bras, les piétons et les autres voitures. Et bien aujourd’hui, plus rien ! C’est le désert, ou presque. 15 minutes pour rejoindre le centre-ville contre 30 à 45 en temps “normal”.

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Mon taxi (une Peugeot hors d’âge affichant plus de 403 000 km au compteur) et la route dégagée…

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Même pas peur ! Ceci étant, remarquez le peu de véhicule sur la route !

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Les vaillantes 4L toujours au poste, mais un peu trop à l’arrêt !

Idem en arrivant en centre-ville. On se croirait dans une ville de province un dimanche en début d’après-midi. La ville est comme en léthargie. Alors que Tana est le poumon économique et politique de la Grande Ile, aujourd’hui, Tana semble endormie.

Cette impression m’est confirmée par Carole et Luc, mes interlocuteurs sur place venus m’accueillir en ce début d’après-midi. A Mada, plus rien ne bouge.

J’aurais deux rendez-vous dans l’après-midi avec des chefs d’entreprises locaux, dont un des plus gros, si ce n’est le plus gros, ISP. La confirmation de la léthargie est bien réelle. Non seulement Tana est endormie, mais tout le business est endormi. Un des mes interlocuteurs m’indique qu’il arrive à peine à un chiffre d’affaire égalant à 30% de son point mort. Il travaille donc à perte, puisant dans ses réserves. Pour combien de temps ? Il ne le sait pas.

Donc la crise à Mada est double. Tout d’abord Mada a subi dès la fin 2008 la crise mondiale, avec un ralentissement des exportations (minerais, crevettes, fruits et légumes, textiles, etc). Puis comme si cela ne suffisait pas, la politique s’en est mêlée. Il faut dire que le président sortant, Marc Ravalomanana, a contribué à la situation en s’offrant un Boeing à 50 millions de dollars alors que le pays commençait à peine à se redresser, en offrant une surface agricole immense au Coréen Daewoo, en essayant de museler son opposant, Andry Rajoelina, etc… Multipliant les erreurs politiques, il a précipiter sa chute, entrainant avec lui tout son pays.

Résultat : une amplification des conséquences de la crise mondiale ! Et un peuple qui souffre un peu plus chaque jour !

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Linge séchant sur la route de la digue

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Vendeurs de briques

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Rizières et paysage malgache

Alors aujourd’hui les carnets de commandes des entreprises malgaches sont vides ou quasi vides. L’état (la Haute Autorité de Transition) n’aurait plus d’argent dans les caisses pour payer les fonctionnaires au delà du mois d’avril. Et pour couronner le tout, la communauté internationale a tourné le dos à la Grande Ile en raison de l’illégitimité de son président, donc les bailleurs de fond ont fermé le robinet des financements internationaux. La Grande Ile est au bord de la crise de nerf !

Espérons que mes prochains jours m’apporteront un peu d’optimisme ! Suite demain !

Un carnet de voyage pour la semaine…

Alors que le monde entier (en tout cas les journalistes) n’a d’yeux que pour Bo, le “First Dog” de la Maison Blanche, les Thais reprennent le chemin du coup d’état, les Italiens enterrent leurs morts et vont “camper” (dixit Berlusconi…), et les Malgaches pansent leurs plaies dans l’indifférence générale.

Car entre le 6 et le 9 avril dernier, le cyclone Jade est passé sur Madagascar, faisant au moins 8 morts et plusieurs dizaines de milliers de sans-abris. Mais dans un pays abandonné par la communauté internationale (il semblerait que les pour-parlers reprennent sous l’édige des Nations Unis et de l’Union Africaine, mais pour aboutir à quoi?), quelques morts et sans abris ne comptent pas. Je suis un peu polémique, mais tous ceux qui connaissent Madagascar comprendront à la fois l’immense gâchis et l’incroyable complexité de ce pays.

Tout ça pour dire que je m’envole demain matin pour Madagascar, pour une semaine de réunions de travail. Je fais donc une pause sur la huitième règle pour faire un carnet de voyage de 4 jours à Madagascar, la Grande île et plus particulièrement dans sa capitale, Antananarivo. A demain !


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