nov 15

Je voulais partager ce soir ma rencontre du jour. J’ai eu l’immense joie de rencontrer Debra Searle. Comme avec Erik Décamp, ce sont des instants rares. Des rencontres de gens normalement exceptionnels. Debra a “juste”  traversé l’atlantique à la rame en solitaire. Ce qui en fait un exploit hors du commun est qu’il s’agissait d’une course en double et que son mari a dû abandonner après une semaine. Et Debra a décidé de continuer seule.

De un mois et demi prévu, la traversée a duré trois mois et demi. 110 jours de doute, d’angoisse, mais aussi de joie et surtout de solitude. Debra raconte avec une candeur inimitable son expérience et partage ses règles de vie pendant la traversée qui en ont fait un exploit.

C’est une grande leçon de vie, de courage et de tenacité qui rappelle que, oui, tout est possible. C’est “juste” une question de volonté et de travail d’équipe. Merci Debra!

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oct 23

Alors que le Prince Jean se retire, bien qu’élu, les traders se préparent à fêter Noël avec faste… Le Monde nous explique que tout va bien pour les bonus des traders.

Alors que l’on ne se méprenne pas, je suis pour le mérite et une rémunération adaptée, mais quand on nous annonce une augmentation de 40% des bonus à New-York, de 50% à Londres et de… on ne sait pas encore, à Paris, je ne peux que m’interroger. En fait, je ne m’interroge pas, je me doute de ce qui est en train de se passer : la prochaine bulle est en cours de gonflage, et nos amis de la finance s’en foutent, ils prennent leurs bénéfice rapidement.

Que l’on m’explique pourquoi la finance festoie alors que le monde reste en crise, que les croissances sont anémiques, que le chomage augmente partout, la finance se régale. Il est grand temps de mettre un sérieux coup de frein à tout ce cinéma qui ne fait plus rire personne que les banquiers. De qui se moque-t-on me direz-vous ? Et bien de vous, de nous, de moi, pauvres salariés et pourtant pas à plaindre.

George Bernard Shaw avait raison: une banque vous prête un parapluie quand il fait beau et vous le reprend quand il pleut. Il serait temps de remettre des règles drastiques aux instruments financiers et à l’argent que peuvent créer les banques. Je le dis haut et fort, la finance n’est plus contrôlée, il faut sacrifier les banques et la finance pour retourner aux fondamentaux qui font du tangible le vrai moteur de la croissance.

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août 31

Je me remets au blogging, écrire me manque. Je saute sur l’occasion de donner mon point de vue sur l’article lu sur Yahoo: Bercy veut les noms des résidents ayant des comptes à l’étranger. Déjà que la France a toujours pointé du doigt les “riches”, maintenant on pointe du doigt les “résidents fiscaux” ayant des comptes à l’étranger… Depuis quand est-ce interdit ? Pourquoi cette chasse au sorcière ? Là où le poussif livret A rémunère votre argent quasiment à zéro, mais engraisse vos banquiers (si vous doutez que le livret A soit une bonne affaire pour les banques, posez-vous la question de pourquoi elles se sont toutes jetées dessus quand le gouvernement leur en a donné le droit de gestion), il existe de nombreux placements à l’étranger, tout à fait légaux et déclarés, qui sont beaucoup plus intéressants, tout en étant parfois plus risqués.

Certes il existe des fraudeurs au fisc. Mais la fraude au fisc, c’est comme l’insécurité, ce n’est pas en augmentant la répression qu’on s’en débarrassera. L’article cite 3 000 Français qui détiendraient des comptes en Suisse pour une valeur de 3 milliards d’euros (ce qui fait 1 million par compte en moyenne). Il ne cite malheureusement pas combien de Français ont plus d’1 million d’euros sur leurs comptes en banque bien en France. Ni combien de Français ont des oeuvres d’art chez eux ou au coffres acquis en cash (parfois douteux, mais pas tout le temps), et dont la valeur n’est pas compté dans l’ISF…

Comme quoi la France n’en a toujours pas fini avec ses vieux démons socialo-communistes. Le Sarkozisme s’attaque maintenant à ceux qui l’ont élu, la bourgeoisie bien assise qui a réussi à en mettre au black pour échapper à une pression fiscale toujours plus forte (je ne cautionne cependant pas l’argent mal acquis ou non déclaré, il existe de nombreux moyens forts légaux d’échapper à l’impôt). Voilà qui devrait donner à réfléchir à ces 3 000 Français - et certainement à d’autres qui sentent le feu s’attiser - à aller voir ailleurs si l’herbe n’est pas plus verte, ou si en tout cas, ils ne pourraient pas donner, ailleurs, en toute légalité, un peu moins à un autre état moins gourmand. N’est-ce pas Johnny ?

Donc encore une fois, on va continuer à taper sur ceux qui créent des entreprises, ou y investissent pour qu’elles se développent, on va continuer à pointer du doigt ceux qui gagnent de l’argent et en font gagner à leurs employés, à leurs régions et départements, et on va continuer à faire enfler les dépenses de l’état. Car n’oublions jamais que si l’état étaient géré comme une entreprise, il aurait fait faillite depuis longtemps ! N’oublions pas non plus qu’il y a beaucoup plus de 3 milliards d’euros “détournés”  toutes les semaines par certaines entreprises du CAC 40 sous le couvert de holdings complexes ou tout simplement par le jeu de montages d’entreprises cises à l’étranger (sans passer par des paradis fiscaux). Mais bon, c’est tellement satisfaisant de détourner l’attention sur 3 000 “salauds”, et tellement français !

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avr 03

Si l’on peut toujours douter des résultats du G20, il en est un qui a été immédiat : la publication par l’OCDE de la liste des paradis fiscaux. La notion même de paradis fiscal fait penser à des milliardaires sur les bords d’une plage ou dans le salon d’un yacht… Et pourtant, c’est infiniment pire, car les sommes en jeux sont souvent colossales et échappent toute ou partie à l’impôt dans leur pays d’origine.

Or, ce qui m’a frappé sur cette liste, ce sont les paradis fiscaux qui sont enclavés dans l’Europe: Andorre, Gibraltar, le Liechtenstein, Monaco, San Marin. Les autres sont, en dehors de Bahreïn (un émirats du Golfe), des iles (Caraïbes et Pacifique) souvent insignifiantes par leurs tailles, mais importantes par les sommes qui y transitent.

Je disais donc que certains paradis sont en Europe, d’autres à un jet de pierre des USA (les Bahamas par exemple), d’autres des plaques tournantes du commerce asiatiques (Singapour, Hong-Kong, Macao). Et bien, que la dénonciation commence : nous avons la liste, affichons-là dans tous les aéroports, demandons une déclaration sur l’honneur des actifs et des avoirs à toutes les personnes qui se rendent dans ces pays, mettons une taxe particulière sur les billets d’avion à destination de ces pays, etc., etc. Ce sont des moyens certes naïfs, mais nécessaires.

Or, ce G20 n’a rien fait pour le moment autre que de publier la liste, Quand on voit que les Bermudes ou les Antilles Néerlandaises ont promis depuis 2000 de se mettre en conformité, mais qu’en 2009, il n’en est rien, on peut douter. On peut douter de la volonté des états de mettre de l’ordre dans ces paradis fiscaux. Vous voulez étouffer Andorre, San Marin ou Monaco ? Sommez ces pays de signer les traités adéquats avant une certaine date, puis fermez leurs frontières. Idem avec les îles. Quelques avions de chasses et quelques destroyers aux bons endroits et plus personne ne sort ni ne rentre. Et puis pourquoi ne pas rendre publique la liste des sociétés dont les holdings sont installées dans les paradis fiscaux ?

J’y vais peut-être fort, mais ces paradis fiscaux sont une véritable plaie et sont tellement simples d’utilisation pour qui a quelques millions de dollars ou d’euros à faire échapper à l’impôt. Vous ajoutez à ça le secret bancaire et la sécurité des transactions électroniques bancaires entre banques et vous avez les ingrédients d’une fraude toute simple et tellement sympathique. Alors arrêtons de stigmatiser les patrons, pointons du doigts les sociétés internationales dont les holdings sont dans ces paradis ? Relisez Largo Winch, tellement simple et quelle destruction de valeur pour les pays !

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mar 30

En écho à mon billet du week-end, le Premier Ministre ne pouvait trouver mieux… Enfin, si, il pouvait rendre illégale les stock-options pour les patrons des sociétés cotées. Plus j’y réfléchis, plus je suis pour une suppression complète des stock-options et des stock-grant (c’est à dire des actions gratuites) pour les patrons des sociétés cotées. On ne peut pas diriger une société et avoir l’œil rivé sur le cours de l’action, surtout quand celui-ci peut vous rapporter des millions…

Je suis actionnaire de mon entreprise, je suis donc intéressé, mais mon impact est limité. Mon niveau d’action est restreint à mon niveau de contrôle de l’activité. Ceci étant, je suis intéressé par les résultats globaux. En revanche, à un niveau international, un vice-président a une influence (relative mais certaine et directe) sur les résultats et donc potentiellement sur le cours de l’action. Et bien je dis non ! Il est trop facile pour un investisseur de faire travailler son réseau pour influencer un dirigeant, d’autant que ceux-ci appartiennent généralement aux mêmes réseaux.

Il convient donc, si on veut moraliser le capitalisme, de découpler social, capital, résultats et environnement. Ainsi, on arrivera à des patrons qui joueront sur les quatre variables d’ajustement et qui n’obéiront plus uniquement qu’aux directives du palais Brongniart ou de Wall Street! Souhaitons que le G20 moralise un peu ses échanges. Je ne me fais cependant pas beaucoup d’illusions. Il faudra sans doute de nombreuses crises pour que le capital soit finalement totalement moral. Au final, comme le prônait Voltaire, il convient de cultiver son jardin!

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mar 29

Pendant un diner entre amis vendredi, nous avions la chance d’avoir autour de la table un banquier ! Cible idéale amicale de la crise et des bonus en millions de certains. La conversation est rapidement arrivée au fait que les bonus étaient souvent dans le contrat de travail et qu’il n’y avait donc rien d’anormal à distribuer des millions d’euros à des salariés méritants.

Alors, oui, sur le principe, on ne peut (doit ?) pas aller contre les clauses d’un contrat de travail. Sous peine de se retrouver au prud’homme. Certes, quand il s’agit de performances individuelles, même en temps de crise, les bonus et autres primes liés à la performance doivent être payés. C’est le cas des commerciaux, des traders et de toute fonction pour lequel la performance individuelle commerciale peut être mesurée. Mais quand il s’agit d’un cadre dirigeant, la seule performance commerciale ne saurait être jugée.

Ce n’est pas le haut de bilan (les recettes) qui compte, mais bien le bas de bilan (le résultat). Et c’est donc sur ce bas de bilan que devrait être indexés les bonus des cadres dirigeants.

Une fois encore, les médias et le président font preuve d’une démagogie rare. Il faut faire œuvre d’éducation pour expliquer le mécanisme de bonus et mettre au pilori les sociétés trop laxistes en la matière. Je reste un fervent partisan de la rémunération à la performance. Encore faut-il mettre des critères de performances qui jugent les actes de la fonction concernée. Et normalement, plus la fonction est haute, plus les critères sont complexes. Ils devraient d’ailleurs être publique. Alors une loi pour encadre les salaires des cadres dirigeants ? Et bien oui, si la morale et l’honnêteté sont à ce prix !

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