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Un autre monde

J’aurais pu titrer ce billet, les buts silencieux… Et je sais que je vais en étonner plus d’un en parlant de football. Cet autre monde dont je parle c’est celui de la Coupe d’Afrique des Nations. Aujourd’hui avait lieu Maurice-Congo pour les éliminatoires de la CAN. Maurice et le Congo, deux nations dont les fédérations nationales ne sont pas dotées de millions d’euros pour promouvoir leur sport et entretenir leurs équipes nationales. La plupart du budget servant souvent à payer les déplacements à l’étranger. Quant aux supporters, et bien, en déplacement, ils ne suivent pas leur équipe, car ils n’en n’ont tout simplement pas les moyens.

Imaginez les places de seconde catégorie pour ce match international. Prix ? 50 roupies mauriciennes, soit 1,2 euros. Cela laisse rêveur ! Imaginez aussi, par exemple, un match France-Argentine, dans lequel 100% du stade serait français, sans un seul supporter argentin ! Et bien vous aurez la vision d’un match Maurice-Congo, dont le stade est 100% mauricien.

 

Et quand ça commence, les gradins sont acquis à l’équipe mauricienne, ségatierres en prime ! Le premier but mauricien, sur pénalty à la 10ème minute, soulève la liesse et augmente le volume des gradins. A tel point que l’égalisation congolaise cinq minutes plus tard se passe dans une indifférence totale. Pas un spectateur pour applaudir et pas de replay sur écran géant. Et pourtant la reprise de volée, suite a une passe appuyée des 35 mètres est magistrale. 15 minutes plus tard surviendra le but de la victoire avec un tir de 20 mètres dans la lucarne. Un deuxième but dans l’indifférence et le silence, car la foule s’est tue, abattue par la domination congolaise. La seconde mi-temps sera incompréhensible avec Maurice repliée en défense et tentant quelques contres, sans toutefois trouver le fond des filets.

Cependant, ce qui choque, c’est l’écart de moyens entre ce match et n’importe quel match international en Europe, alors que l’enthousiasme populaire et sportif est bien là. Ce qui choque, c’est le niveau des infrastructures entre n’importe lequel des stades de seconde division français et les stades nationaux d’un pays comme Maurice : pas d’horloge, pas d’afficheurs numériques, par de caméras qui rediffusent l’action sur grand écran et pas de gradins couverts sur la totalité du stade.

 

Là où le sport est devenu un business dans les pays développés, il reste amateur dans la majeure des pays africains. Alors quelle situation est préférable ? Ni l’une,ni l’autre. Dans le premier cas, il y a beaucoup trop d’argent dans le sport professionnel, dans le second beaucoup trop peu. Et si les premiers aidaient les seconds ? Cela reste un rêve, il n’y a que l’altruisme qui permettrait ces échanges, mais c’est une qualité qui ne rapporte pas assez.

Pendant ce temps, en Côte d’Ivoire

Merci à Bernard de tourner le projecteur vers la Côte d’Ivoire. Le cacao ivoirien n’a peut-être pas la même valeur que le baril de brut libyen, mais le drame qui a lieu dans cette partie de l’Afrique est tout bonnement atroce et oublié. Alors, abonnez-vous à Pendant ce temps, en Côte d’Ivoire et influencez pour qu’une bonne fois pour toute l’ONU prenne une décision aussi rapide que pour la Lybie et mette fin à la guerre civile.

De retour d’Afrique Centrale…

Je reviens d’un tour au Gabon et en République Démocratique du Congo pour le lancement d’Office 2010. J’en reviens avec une autre vision de l’Afrique. Cependant, j’y ai rencontré des gens sympathiques, accueillants, attachants. En RDC, particulièrement, la population a souffert des 10 ans de guerre civile et souffre toujours de l’image particulièrement négative du pays à l’étranger.

Il faut dire que les chantiers à mettre en oeuvre sont énorme. Kinshasa est une ville de 10 millions d’habitants qui a poussé anarchiquement. Les conditions sanitaires de la majeure partie de la population sont désastreuses. Il n’est pas sûr que la MONUC puisse rester jusqu’aux élections de l’année prochaine, et pourtant il le faudrait, comme m’ont confié plusieurs congolais.

Des défis immenses et des oppportunités immenses aussi pour ce gigantesque pays. Il est crucial que les pays développés continuent à s’intéresser et à aider ces pays pour les aider à sortir de l’ornière. En tout cas, j’y ai rencontré des partenaires et des clients volontaires, qui y croient et qui ont soif de connaissance, et c’est raffraichissant ! Ceci étant, cette soif et cette demande de connaissance sont des points communs à tous les pays que j’ai visités sur le continent.

Merci à Mariama au Gabon et à Manya pour leur accueil. Je reviendrais, comme promis, sur certaines de mes expériences dans de prochains billets. Le Gabon et la RDC ont été des “expériences”. Stay tuned!

En transit à Lagos

Passer d’un pays à l’autre en transitant par un troisième pays est devenu commun avec les systèmes de hubs aériens. C’est ce qui s’est passé quand j’ai du passer d’Afrique du Sud en Côte d’Ivoire, n’existant pas (plus) de vols directs. J’ai donc transité par le Nigéria, en passant de South African Airways à Ethiopian Airlines.

Pas de problème, direz-vous ! A la descente de l’avion, suivez le circuit de transit et récupérez votre carte d’embarquement au comptoir de la compagnie aérienne. Et bien cela peut se passer comme ça en Europe, aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud, mais pas au Nigéria…

Je descend donc de l’avion, vois le panneau Transit et m’éloigne du flot des autres passagers. Pas loin! Je suis rattrapé par un agent de l’aéroport qui me dit de me diriger vers la sortie. Mais, je dois prendre mon vol pour Abidjan. Oui, oui, pas de problème, il faut juste passer la police et la douane. Mais, mais, mon visa ne me permet qu’une entrée et je dois revenir dans quelques jours au Nigéria. Pas de problème, il faut aller voir le policier… là-bas.

Je me dirige donc vers le dit policier, doublant au passage la queue des passagers attendant leur tour. Après quelques explications succinctes, me voilà en train de remplir mon formulaire d’entrée au Nigéria, indiquant que je ne suis qu’en transit. Et je passe la police, mais sans mon passeport, conservé par mon policier qui me demande de l’attendre quelques minutes. Je suis rejoint par trois autres passagers dans le même cas.

Quinze minutes plus tard, revoilà mon policier, qui nous fait passer la douane sans aucune fouille et nous accompagne jusqu’au comptoir d’Ethiopian. Nous ferons le check-in ensemble et il nous accompagnera jusqu’à la salle d’embarquement, histoire d’être bien certain que nous partons bien. Voilà comment on gère le transit au Nigéria ! Simple non ?


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