Vulnérabilité, partage et croissance

https://unsplash.com/imwilliamwilliams

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Jour 623. Je viens de finir le dernier livre de Brené Brown, “Rising Strong“. Sorti il y a quelques semaines, je ne suis pas sûr qu’il ait été traduit (pas sûr qu’il le soit un jour non plus, mais c’est un autre sujet). Il va figurer dans ma biblio des indispensables en sociologie, psychologie et relations. Il s’inscrit, à mon avis, dans la lignée de « Sortir de boite » et « Anatomie de la paix » (pas encore traduit non plus, j’enrage). Sans vouloir résumer 10 ans de recherche en quelques mots, le thème central qui a retenu mon attention est celui des histoires que l’on se raconte, consciemment ou non.

En effet, quand autrui s’adresse à nous, nos filtres personnels vont nous faire réagir. Nous pouvons être d’accord avec les mots ou l’attitude, nous pouvons aussi être touché et ressentir des émotions. Ces dernières sont le résultat de l’histoire que nous nous racontons à nous même. Parfois cette histoire est connue et simple à restituer. Parfois, elle est enfouie, profondément, et mettra plusieurs semaines, mois ou années à ressortir. Encore faut-il que nous le voulions ! C’est ce que l’auteur appelle le « reckoning », que l’on peut traduire par la « reconnaissance » de cette histoire. Il n’y a alors que deux solutions possibles : Enfouir nos émotions ou descendre dans « l’arêne » et faire part de son « malaise ».

La première solution est celle qui est choisie par une majorité d’entre nous. Le résultat : du ressentiment, du stress, voire de la maladie. Mais surtout, du conflit ! La seconde nécessite que l’environnement soit prêt, que la partie adverse soit prête à écouter ce que l’autre a à dire, sans profiter de la mise à jour de sa « vulnérabilité ». Si l’environnement le permet, et donc offre une plateforme d’échange sans jugement, la seconde phase peut commencer, le « rumble », le « remue-méninge ». Cette phase consiste à confronter les deux histoires, à s’apercevoir quand la plupart des cas, les histoires ne sont que des histoires, sans fondement réel, mais plus le résultat d’un vécu personnel. Se faisant, en mettant ses sentiments et son histoire sur la table, on engendre une relation fondée sur le respect, l’écoute et la recherche du consensus. Attention, ceci n’est pas toujours possible, dans la mesure où les valeurs des deux interlocuteurs peuvent être divergentes. Il convient alors, soit de rechercher un conseil extérieur, soit de décider d’un commun accord de la fin de la relation.

Une fois la phase de « rumble » terminée, la « révolution » peut commencer. Révolution, non au sens de tout casser pour recommencer, mais une évolution rapide de la situation, fondée sur le ou les nouveaux paradigmes engendrés par le « rumble ».

La grande évolution pour moi entre la position de « sortir de la boite », sortir de sa propre pensée pour prendre en compte le point de vue de l’autre, est la notion d’histoire que l’on se raconte. De cette histoire peut naitre un horrible quiproquo, une incompréhension qui ne va qu’aller en s’accélérant, et va faire dérailler les protagonistes. Le signal que l’on se raconte une histoire ? L’émotion ! Ressentir une émotion après qu’autrui ai parlé est que nous venons d’interpréter les mots, le ton, ou les autres signaux au travers d’une histoire. Demandez-vous alors qu’elle est cette histoire ? Acceptez de descendre dans l’arène et d’avoir le courage d’être vulnérable ! La vulnérabilité n’est pas une faiblesse, elle est le courage de montrer à autrui notre humanité et notre volonté d’avoir des relations harmonieuses. Ce n’est qu’à ce prix que l’on peut croitre en tant qu’être humain et/ou organisation. Vous aurez compris que vous pouvez vous précipiter pour lire ce livre essentiel.

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