Mois : avril 2010

  • Jusqu’où doit aller le principe de précaution ?

    Alors que mes vacances passent à l’eau, que les vols test semblent infirmer les choix techniques de fermeture des espaces aériens, il est dommage qu’il ait fallu attendre 4 jours pour mener des tests.

    Et encore, quels tests ? Ceux des compagnies aériennes, uniquement ! Je viens de voir un météorologue allemand (qui me rappelait le savant de L’île mystérieuse de Tintin) qui disait qu’on ne connaissait pas la concentration des poussières volcaniques dans l’atmosphère. Je comprends donc finalement que l’on a pris la décision qu’en suivant ce fameux principe de précaution, inscrit dans la constitution… Aucune donnée physique et scientifique n’étaye donc la fermeture des espaces aériens. C’est donc seuls les météorologues qui décident dans cette affaire et qui extrapolent le déplacement des poussières en fonction des courants aériens et des zones de pression.

    D’un autre côté, les aéroports du sud de la France sont ouverts, sans parler de toute l’Espagne. Est-ce si dur de rerouter en urgence au moins quelques vols vers le sud de l’Europe ?

    Les leçons de toute cette histoire sont multiples:

    • Les décisions du contrôle aérien européens ont été prises sans données scientifiques avérées – ça rappelle les vaccins de la grippe A.
    • L’avion est un des supports de notre économie. Nous allons voir les répercussions économiques dans les jours et les semaines suivantes, mais l’europe n’avait pas besoin de ça. Pas plus que ses compagnies aériennes. La croissance et les potentiels faillites vont s’en ressentir.
    • Le tourisme va voir des modifications durables. Je pense que les européens vont apprendre de cette leçon et se rabattre sur le tourisme de proximité, ou accessible en train/voiture/avion
    • Le temps va prendre une autre couleur : la vitesse risque d’en prendre un coup. Et l’éloge de la lenteur va, peut-être, refleurir.

    Alors oui, il faut voir les choses du bon côté, on va certainement changer nos plans de vacances au dernier moment, et cela fera des histoires à raconter cet hiver au coin du feu. Allez bon courage à ceux qui cherchent à rentrer (et à moi qui cherche à partir pour profiter de mes vacances). Et souvenez-vous qu’il y a 100 ans, voyager pouvait prendr plusieurs semaines en calèche, train et bateau. Reprenons le temps de vivre…

  • En transit à Lagos

    Passer d’un pays à l’autre en transitant par un troisième pays est devenu commun avec les systèmes de hubs aériens. C’est ce qui s’est passé quand j’ai du passer d’Afrique du Sud en Côte d’Ivoire, n’existant pas (plus) de vols directs. J’ai donc transité par le Nigéria, en passant de South African Airways à Ethiopian Airlines.

    Pas de problème, direz-vous ! A la descente de l’avion, suivez le circuit de transit et récupérez votre carte d’embarquement au comptoir de la compagnie aérienne. Et bien cela peut se passer comme ça en Europe, aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud, mais pas au Nigéria…

    Je descend donc de l’avion, vois le panneau Transit et m’éloigne du flot des autres passagers. Pas loin! Je suis rattrapé par un agent de l’aéroport qui me dit de me diriger vers la sortie. Mais, je dois prendre mon vol pour Abidjan. Oui, oui, pas de problème, il faut juste passer la police et la douane. Mais, mais, mon visa ne me permet qu’une entrée et je dois revenir dans quelques jours au Nigéria. Pas de problème, il faut aller voir le policier… là-bas.

    Je me dirige donc vers le dit policier, doublant au passage la queue des passagers attendant leur tour. Après quelques explications succinctes, me voilà en train de remplir mon formulaire d’entrée au Nigéria, indiquant que je ne suis qu’en transit. Et je passe la police, mais sans mon passeport, conservé par mon policier qui me demande de l’attendre quelques minutes. Je suis rejoint par trois autres passagers dans le même cas.

    Quinze minutes plus tard, revoilà mon policier, qui nous fait passer la douane sans aucune fouille et nous accompagne jusqu’au comptoir d’Ethiopian. Nous ferons le check-in ensemble et il nous accompagnera jusqu’à la salle d’embarquement, histoire d’être bien certain que nous partons bien. Voilà comment on gère le transit au Nigéria ! Simple non ?